Une partie de campagne
La porte s'ouvrit dans un grincement de fantôme et une grande dame à chapeau vêtue de rouge et noir nous reçu avec élégance. Elle n'avait rien d'un fantôme et son sourire nous convia d'entrer. Sans nous demander quoique ce soit, comme si elle nous connaissait par avance, elle nous pria de la suivre et nous fit traverser les couloirs du château pour nous mener dans la grande propriété du Baron derrière la demeure. Autant c'était déjà l'automne en façade autant je fus surprise de me retrouver en été au milieu des arbres dans un vaste jardin en pente et en terrasses naturelles où se confondaient avec bonheur le vent doux et le soleil, l'ombre des feuillages et la clarté des pelouses. Une grande table était dressée entre les chênes et les aulnes, et un peu partout des tables rondes pour se retrouver entre amis dans une plus juste intimité.
C'est étrange, je n'aime pas la fête, comme si un souvenir très ancien venait ternir mon esprit rien qu'à penser aux festivités. Mais je me retrouvais là dans un autre monde, à une saison particulière où l'instant soudain se fige et laisse les êtres aller et venir à leur guise, hommes et bêtes se croiser en toute liberté dans un sentiment de joie et de bonté. Les invités tenaient chacun une tasse de thé ou de tisane. La musique venait d'un bosquet où chantait un groupe avec entrain et douceur. Des enfants jouaient à cache cache dans les buissons en fleurs en riant gentiment. Nous n'avions qu'une envie, c'était de nous asseoir après la longue marche pour regarder tourner ce petit monde en harmonie. Je ne sais pas comment je découvris devant nous des tasses de thé à la menthe et je vis disparaître un lutin derrière les branches.
Feuille
